https://www.change.org/p/mesdames-les-ministres-de-la-sant%C3%A9-et-de-la-justice-faites-cesser-les-mutilations-des-enfants-intersexes
Pour l’arrêt des mutilations des enfants intersexes: aujourd’hui en France, les enfants intersexes* sont toujours soumi-se-s à des opérations chirurgicales ou/et des traitements hormonaux sans leur consentement éclairé et sans nécessité de santé.
Ces actes constituent des violations des droits humains et ont été
condamnés à plusieurs reprises par l’ONU en 2016 (Comité des droits de
l’Enfant, Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des
femmes, et Comité contre la torture).
Des associations internationales de défense des droits humains telles
que Human Rights Watch et Amnesty International se sont ouvertement
positionnées pour l’arrêt de ces pratiques.
En France, la DILCRAH appelle à l’arrêt de ces mutilations. En mai
dernier la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, et
en juillet le Conseil d’État ont publié des avis dans le même sens.
Pourtant, les protocoles médicaux continuent à recommander ces pratiques, et les équipes médicales à les effectuer.
Nous réaffirmons que les variations intersexes sont des variations
saines du vivant, et dans leur immense majorité sans danger pour la vie
de l’enfant. Elles ne devraient pas conduire à de la stigmatisation et à
de la médicalisation inutile et néfaste. A l’instar de l’homosexualité,
l’intersexuation n’a pas à être soignée : c’est à la société d’accepter
sa propre diversité.
Le soutien psychologique d’un-e enfant et de sa famille doit être
librement choisi, et approcher la question de manière non stigmatisante
et non pathologique.
Le droit des enfants à l’intégrité physique et sexuelle est un droit
inaliénable. Pour les enfants intersexes comme pour les autres, cela
implique le droit de choisir si, quand, et comment, leur corps sera
modifié.
Cela implique l’exercice de leur consentement libre et éclairé, à un
âge où il est possible de prendre une décision mature qui aura des
conséquences importantes, et avec des informations provenant de sources
variées, notamment d’autres personnes intersexes.
Il n’y a aucune urgence à agir médicalement sur un corps sain
d’enfant. Il n’est pas du ressort des médecins ou des parents de décider
d’attenter à l’intégrité physique d’un-e mineur-e sans nécessité
vitale. Une circulaire de rappel à la loi s’impose.
C’est à l’enfant intersexe lui/elle-même de décider.
Changer son corps ou non, ce sera son choix.
*qui présentent des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent
pas aux définitions binaires typiquement mâle ou typiquement femelle,
que ces caractéristiques soient visibles à la naissance ou apparaissent
plus tard au cours de la vie, notamment à la puberté.
Premier-e-s signataires :
Collectif Intersexes et Allié.e.s,
Pour une Médecine Engagée Unie et Féministe,
Mouvement Français pour le Planning Familial,
FierEs,
La BAFFE,
GARCES,
Droit au corps,
SOS Homophobie,
Le Centre LGBT de Paris Ile-de-France,
AIDES,